19/09/2012

(Lecomte, 1994, p.37-38)

(p.37) Quant à Fursy, il assuma les fonctions d'abbé pendant plusieurs années, puis, en 639, il fut pris d'un désir de solitude et il se retira près d'Ultain qui vivait en ermite, depuis quelque temps déjà, dans un endroit isolé (68).

Avant de partir, Fursy avait désigné Feuillien pour lui succéder à la tête de la communauté (69).

De nos jours, on aperçoit, à deux cents mètres de l'enceinte du fort de Burgh Castle, une église entourée d'un vieux cimetière au milieu duquel se dresse une croix celtique.

A l'entrée, une pancarte rappelle qu'"en 630, Fursy fonda un monastère dans le fort romain". L'église est de construction récente, de même que la croix celtique érigée, en 1897, en mémoire de saint Fursy.

 

(68) Ultanus qui ad heremiticam pervenerat vitam... in continentia et orationibus..." : Baedae venerabilis..., éd. PLUMMER, op. cit., III, 19, p. 168, et les notes. P. SCHMITZ, V° Ultan, op. et loc. cit.

(69) Vita Fursei, op. cit., chap. 8, p. 438 - Baedae venerabilis..., op. cit. III, 19, p. 167 et note :  "reliquit monasterii et animorum curam fratri suo Foliano".

 

(p.38) La tour de l'église, par contre, remonte au XIe siècle. Pourquoi fut-elle érigée en cet endroit as­sez éloigné du village de Burgh Castle ? On peut penser que c'est à l'endroit où saint Ultain aimait se retirer dans un oratoire isolé, pour y vivre en ermite.

Au VIIe siècle, on trouvait un peu par­tout, en Irlande, en Angleterre et en Gaule, des ermites vivant isolés avec Dieu, vaquant à la prière et au travail, exerçant, auprès des popula­tions locales un ministère de miséricorde qui, seul, les faisait sortir de leur retraite (70).

Ainsi donc, dès son séjour en Angleterre, Ultain, manifestait déjà une tendance à l'érémitisme, que nous retrouverons dans sa vie à Fosses.

Ces considérations tirées du mode d'exis­tence de Feuillien et de ses frères en Irlande et en Angleterre, nous permettent déjà de déceler les différences de tempérament des trois hommes.

Tous trois, bien sûr, jouissaient d'une excellente santé, ils étaient animés d'une foi inébranlable et d'une volonté de fer : leur éducation monastique en témoigne. Tous trois étaient des bâtisseurs et ils assumèrent, tour à tour, la direction de com­munautés monastiques.

Mais chacun avait son caractère : Fursy nous est décrit par Bédé le Vénérable, comme un visionnaire et comme un prophète. Ultain aimait la solitude des ermita­ges. Feuillien, quant à lui, apparaît avant tout comme un homme d'action, un prédi­cateur, un missionnaire au sens moderne du terme.

 

(70) E. SALIN, op. cit., t I, p. 77. Dans notre pays, plusieurs missionnaires célèbres, comme saint Bavon, saint Ghislain et saint Remacle, vécurent, eux aussi, pendant quelques années, en solitaires, dans des ermitages isolés :L. VAN DER ESSEN, Le siècle des saints, op. cit., p. 104.

Les commentaires sont fermés.