19/09/2012

(Lecomte, 1994, p.51)

(p.51) 4. L'arrivée à Fosses

 

A.   Texte

" Et dans un domaine qui d'après le nom de la rivière qui le traverse s'appelle Bebrona, Feuillien construisit, conformément à la règle, un monastère de moines voués à la vie ascétique, la servante de Dieu, Itte (mentionnée plus haut) fournissant tout le nécessaire... "

 

B.   Commentaires

Saint Feuillien est arrivé à Fosses en 651 (68).

Nous savons que la rivière Bebrona, c'était la Biesme. Sainte Itte possédait donc un domaine traversé par la Biesme et elle le donna à saint Feuillien, pour y cons­truire un monastère'6".

Où ce domaine est-il situé et quelle était son étendue ?

Pour répondre à cette question, les historiens ont utilisé différentes méthodes dont celle de l'étude des paroisses primitives qui correspondaient, en général, à une "villa" de l'époque mérovingienne170'. On sait que ces "villas" (ces domaines) cou­vraient parfois des étendues considérables, équivalentes aux surfaces réunies de plusieurs villages actuels'71 '.

La question de l'étendue du domaine de Fosses au VIIe siècle, a été envisagée par plusieurs auteurs. Le doyen Crépin estime que ce domaine s'étendait sur les deux rives de la Biesme, depuis le grand étang de Bambois jusqu'à la Sanibre à Auvelais, et qu'il comprenait les localités actuelles de Fosses, de Vitrival, d'Aisément, de Falisolle, d'Auvelais et d'Arsimont (72), ce qui couvre une superficie de cinq mille hectares. L'historien namurois F. Rousseau se rallie à cette opinion (73).

M. Broze (74) s'est livrée à une étude approfondie de la question. Elle en conclut

que :

1.  Il est certain qu'Aisemont et Vitrival faisaient partie du domaine primitif, car ces deux localités ont toujours été parties intégrantes de Fosses, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

2.  Il est quasi certain que Falisolle en faisait partie, car cette localité fut, au Moyen Age, une propriété foncière du chapitre de Fosses que l'on considère comme l'héritier des biens concédés par sainte Itte au monastère fondé par saint Feuil­lien.

3.  La question est plus délicate pour Auvelais et pour Arsimont (qui faisait partie d'Auvelais), mais il est permis d'accorder crédit à la thèse du doyen Crépin. Le chapitre de Fosses en effet, était propriétaire de la partie de la commune d'Au­velais appelée "Le Voisin" et du quart de l'autre partie c'est-à-dire "Auvelais-le-Comté" (75). Dautre part, si l'on additionne les superficies actuelles des différentes

 

(68)  L. NOIR, op. cit. p. 48.

(69)  C'est sainte Itte qui donna un domaine à saint Feuillien, et non sainte Gertrude, comme récrivent J. ROMAIN, Fosses, son passé, son folklore, Fosses, 1949, pp. 5 et 6, M. CHAPELLE, Coup d'œil sur Fosses-la-ville, Mettet, 1981, p. 19, et M. CHAPELLE et R. ANGOT, op. cit., p. 21, ainsi que J. BORGNET, Cartulaire..., op. cit., p. IX.

(70)  F. ROUSSEAU La Meuse..., op. cit. p. 46 et les références citées - E. de MOREAU, Comment naquirent nos plus anciennes paroisses, dans la Nouvelle Revue théologique, 1938, pp. 926-946.

(71)  F. LOT, La grandeur des fisc à l'époque carolingienne, dans la Revue belge de philologie et d'histoi­re, t.III, 1924.

(72)  J. CREPIN, Le monastère des Scots à Fosses, dans la Terre Wallonne, t.8, 1923, pp. 369-370.

(73)  F. ROUSSEAU, La Meuse..., op. cit., p. 222.

(74)  M. BROZE, op. cit., pp. 30 à 35.

(75) Au Moyen Age, l'autre partie d'Auvelais-le-Comté appartenait à la famille de Morialmé (les avoués de Fosses) et à l'abbaye de Floreffe :  M. BROZE op. cit., p. 33 et les références citées.

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