19/09/2012

(Lecomte, 1994, p.57-58)

(p.57) contre, comme le suggère le Père Grojean et comme l'admet L. Noir (107), on estime que "expulsi sunt" signifie qu'Erchinoald se contenta d'"éconduire" saint Feuillien, de "l'envoyer promener" pour qu'il aille s'installer en Austrasie, on conçoit que ce dernier ait, quelques années plus tard, éprouvé le besoin d'aller revoir ses anciens compagnons restés à Péronne, pour leur prodiguer ses conseils, les encourager dans leur mission et passer quelque temps avec eux, avant de rentrer à Fosses.

 

3. Troisième hypothèse

L'archiviste G. Wymans estime, quant à lui, que saint Feuillien a trouvé la mort au cours d'un voyage qui le menait de Fosses à Nivelles où il se rendait pour célébrer la messe de la vigile de Saint-Quentin. Saint Feuillien serait donc parti de Fosses vers Nivelles quand il a été assassiné, en cours de route (108).

Outre l'objection d'ordre géographique, que nous venons de soulever, cette version appelle de sérieuses réserves.

Tout d'abord, comme le souligne le Père Grosjean, c'est sans doute à tort qu'on verrait dans l'expression "pour les besoins du troupeau confié à ses soins" une allusion à un simple office liturgique à célébrer, lequel aurait déterminé le départ de Fosses pour Nivelles, strictement et rien d'autre (109).

Ensuite, G. Wymans est obligé, pour accréditer sa version, de manipuler le texte de l'Additamentum", et d'en modifier la traduction littérale : saint Feuillien aurait

 

(107)  P. GROSJEAN, Notes..., p. 389 - L. NOIR, op. cit., p. 48 note 2. Dans le même sens, Vies des Saints et des Bienheureux..., op. cit. p. 1009.

(108)  G. WYMANS, op. cit.,pp. 107 à 121. Thèse adoptée par G. LAMBIOTTE et R. DELCHAMBRE, op. cit., p. 47, et par J. ROMAIN, Fosses..., op. cit., p. 5.

(109) P. GROSJEAN, Notes..., op. cit., p. 394, note 1. - Contra :  A. DIERKENS, op. cit., p. 309, note

 

(p.59) entrepris un voyage, non après avoir célébré une messe, mais pour aller celébrer une messe, à Nivelles. G. Wymans admet lui-même qu'il lui faut bien "transformer une participiale en une subordonnée circonstancielle de but" (110). De telles acrobaties grammaticales ne sont guère convaincantes et A. Dierkens les rejette catégoriquement (111).

 

4. Conclusion

A défaut de textes et d'éléments déterminants, il n'est pas possible de préciser, avec certitude, l'endroit d'où venait saint Feuillien, ni vers quel endroit il se dirigeait, lorsqu'il a entrepris son dernier voyage.

C'est l'hypothèse avancée par le Père Grosjean qui paraît la plus séduisante : dé­part de Nivelles vers Péronne.

 

(110) G . WYMANS, op. cit., pp. 121.

(111) A. DIERKENS, op. cit., pp. 74 et 75.

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