19/09/2012

(Lecomte, 1994, p.82-83)

(p.82) deux pignons formant des triangles aigus, tandis que les murs latéraux, construits en dalles posées en encorbellement, se rejoignaient pour former à l'intérieur un étroit plafond horizontal surmonté à l'extérieur d'une arête vive. Ces oratoires étaient orientés d'est en ouest. Ils avaient une porte dans le mur ouest et une fenêtre dans le mur est. La porte était probablement fermée par un vantail de bois ou de vannerie monté sur un cadre de bois dont les gonds de pierre subsistent parfois. La fenêtre n'était qu'une étroite fente rectangulaire s'élargissant à l'inté­rieur en un grand ébrasement, la difficulté ou l'impossibilité de la vitrer étant sans doute la cause de son exiguïté' (49)'.

La forme de ces oratoires est due à l'ignorance, dans le chef de leurs bâtisseurs, de l'art de l'arcature, de la technique de la voûte. C'est pourquoi ils se caractérisent par une couverture arrondie à l'aide de pierres posées graduellement, en débordant les unes sur les autres (50).

On trouve, en Irlande, un grand nombre d'oratoires de ce type, une trentaine au moins, mais le seul qui demeure miraculeusement intact est celui de Gallarus, dans la péninsule de Dingle, comté du Kerry (51).

L'oratoire de Gallarus est un spécimen parfait de la construction en pierres sèches. Il a environ 8 mètres de long sur 5 mètres de large et 5 mètres de haut. On y entre par une porte située dans le mur ouest, tandis qu'une petite fenêtre s'élar­gissant à l'intérieur, est percée dans le mur est. L'oratoire est construit en pierres de grès du pays. On découvre, à proximité, une stèle gravée d'une croix (52).

 

(49)  F. HENRY, op. cit., p. 69.

(50)  F. CABROL et H. LECLERCQ, op. cit., verbo Celtique, col. 2926 à 2928.

(51)  Deux autres oratoires similaires et situés sur l'île de Skellig Michael, sont eux aussi, relativement bien conservés.

(52)  P. HARB1SON, op. cit., p. 174.

 

(p.83) La caractéristique principale de ces oratoires du VIIe siècle réside dans leur exiguï­té. Ceux qui ont été mesurés varient généralement entre 3 et 5 mètres et les dimensions de l'oratoire de Gallarus sont exceptionnelles (53). C'est sans doute pour­quoi, au lieu de les appeler des "églises", on les qualifie habituellement d'"oratoi-res" ou de "chapelles" monastiques. Leur petite taille peut paraître déconcertante. Aussi adopterons-nous volontiers l'opinion de l'archéologue F. Henry qui pense que ces oratoires ne servaient probablement que de sacristies ou de tabernacles, tandis que les fidèles qui assistaient aux offices occupaient une partie de l'enceinte monastique, devant la stèle dressée aux abords de l'oratoire (54).

L'église monastique édifiée à Fosses par saint Feuillien était, selon toute vraisemblance, semblable à ces oratoires irlandais du VIP siècle, dont l'architecture représente la transition entre les cellules en forme de ruches et les églises du XIIe

siècle (55).

 

(53)  Ainsi à Ardolean (île située à 5  kms de la côte occidentale du comté de Galway) se trouve un oratoire de 3 m 60 sur 3 m. Sur l'île de Oilen Tsensaig (Comté du Kerry), un oratoire de 4 m 25 sur 2 m 75. Sur l'île d'Inisgora (Comté de Sligo), un oratoire de 3 m 65 sur 2 m 50. A Skellig Michael, l'oratoire  mesure  3  m sur  1  m 80,  et à Inishmurray,  2 m  75  sur 2 m 40 :  F.  CABROL et H. LECLERCQ, op. cit., verbo Celtique, col. 2925.

(54)  F. HENRY, op. cit., p. 71.

(55)  E. MORRIS, En Irlande, Paris, Hachette, 1991, p. 131.

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