19/09/2012

(Lecomte, 1994, p.87)

(p.87) Quatre témoignages archéologiques concordent sur ce point :

1.  En 1914, le doyen Crepin effectua des fouilles et il découvrit,  à l'est de la chapelle actuelle, des murailles formant un carré d'environ trois mètres de côté et constituées de pierres sèches sans aucun mortier (84). La thèse du doyen Crepin qui y voit les fondations d'un oratoire élevé par saint Feuillien et par ses compa­gnons, est tout à fait plausible :  les oratoires irlandais du VIP siècle présen­taient, comme nous l'avons vu, des dimensions réduites et plusieurs d'entre eux étaient édifiés à l'extérieur de l'enceinte monastique.

2.  Lors de fouilles effectuées à Sainte-Brigide, l'archéologue J. Mertens a décou­vert des traces d'occupation antérieure à l'édification de l'église pré-romane (85), ce qui le conduit à l'hypothèse d'un bâtiment religieux l'époque mérovingienne, bâti sur le modèle irlandais (86).

3.  Le seuil d'un porche latéral de la chapelle se présente sous la forme d'une pierre de taille portant, en creux, l'image d'une croix gammée (87). Cette pierre, brisée en son milieu, est, de toute évidence, un matériau de réemploi ayant servi de linteau de porte.

Certes, le svastika est un symbole religieux fort ré­pandu dans les pays de ci­vilisation indo-européen­ne, mais il n'en existe - à ma connaissance du moins - aucun spécimen en Wal­lonie à l'époque mérovin­gienne , tandis qu'on en trouve plusieurs modèles gravés sur des stèles monastiques, en Irlande.

4. Le principal élément qui appuie la thèse de l'édification d'un oratoire dédié à sainte Brigide par les moines irlandais du VIIe siècle, n'est autre que l'existence d'une "croix celti­que" gravée sur une pierre encastrée dans un mur de la chapelle actuelle.

Cette pierre d'origine ancienne, a environ 50 cm de hauteur sur 30 cm de largeur. Elle est incorporée dans le mur extérieur de chœur, édi­fié au au XVIP siècle. Elle est gravée d'une croix grecque entourée d'un cercle. Or, au VIP siècle en Irlande, de nombreuses stè­les érigées dans les monastères, portaient la croix grecque inscrite dans un disque (88) et des figurations identiques étaient gravées sur des lin­teaux de portes de cellules et d'oratoires monas­tiques (89).

 

(84)  J. CREPIN, Le monastère, op. cit., p. 377.

(85)  J. MERTENS, dans Archéologie, 1954, p. 439. Les résultats de ces fouilles sont toujours inédits.

(86)  A. DIERKENS, op. cit., p. 314, note 202.

(87)  J. CREPIN, idem, p. 378.

(88)  L. GOUGAUD, Les chrétientés celtiques, op. cit., pp. 320 et 321. J. CREPIN, Le monastère..., op. cit., p. 379.

(89)  F. HENRY , op. cit., p. 69. P. HARBISON, op. cit., p. 185.

 

 

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